Les thérapies complémentaires de la maladie d’Alzheimer

Les thérapies complémentaires de la maladie d’Alzheimer

Qu'est-ce que la maladie d'Alzheimer ?

La maladie d’Alzheimer est une maladie dite « neuro-dégénérative » : elle se caractérise par la dégénérescence progressive et irréversible des cellules nerveuses. La disparition de ces cellules entraîne le déclin continu des capacités cognitives.

On associe souvent la maladie d’Alzheimer à la perte de mémoire car ce sont les neurones localisés dans la région de l’hippocampe, siège de la mémoire, qui sont les premiers atteints. Mais petit à petit d’autres zones du cerveau sont touchées, entraînant l’altération des capacités d’orientation dans le temps et dans l’espace, de reconnaissance des objets et des personnes, d’utilisation du langage, de raisonnement, de réflexion…

Ces troubles réduisent progressivement l’autonomie. Le rôle du proche qui va aider la personne malade dans son quotidien est donc très important.

La maladie d’Alzheimer apparaît plus fréquemment chez les personnes âgées, mais elle n’est pas une conséquence normale du vieillissement.

Maladie d’Alzheimer : les thérapies complémentaires

Pour freiner l’évolution de la maladie d'Alzheimer, les médicaments se révèlent peu efficaces. De plus en plus d’établissements misent sur les prises en charge non médicamenteuses telles que la zoothérapie, l'art-thérapie ou la stimulation sensorielle.

Tout comme les traitements médicaux, les approches complémentaires ne guérissent pas la maladie d’Alzheimer.

Selon le cas, elles en retardent l’évolution, en soulagent les symptômes ou améliorent un tant soit peu le fonctionnement cognitif.

Soigner Alzheimer par la zoothérapie

Nommée aussi « thérapie assistée par animal », c’est un programme structuré de jeu ludique assisté par des chiens, des oiseaux, des lapins, des tortues et bien d’autres.

Cette thérapie n’a pas été validée scientifiquement, mais les soignants ont pu remarquer de réels bénéfices chez les patients.

Elle a ainsi le don d’apaiser les patients qui sont souvent agités, l’animal détendant le patient, le rassurant et lui donnant un sentiment de sécurité.

Elle va aussi stimuler ses sens, ses émotions, ses souvenirs ainsi que la communication.

Soigner Alzheimer par l'art-thérapie

L’art-thérapie peut permettre au patient d’améliorer son état dépressif, anxieux, d’améliorer son attention, sa sociabilisation, sa communication ainsi que son état psychique en général.

Pour créer, le malade doit faire des choix (couleur, outil, support…). Ces petits choix augmentent le travail cognitif et l’estime de soi ainsi que l’autonomie.

A travers cet atelier le patient peut devenir acteur et non spectateur de ce qui se passe autour de lui, et affirmer de nouveau son identité.

Faire ressurgir la mémoire lointaine

La stimulation multisensorielle, c’est le principe de la démarche snoezelen, qui doit apporter bien-être et détente.

Soigner Alzheimer par la stimulation sensorielle

C’est une approche thérapeutique originale, à l’efficacité très intrigante.

Certes, elle n’a montré son intérêt, à ce stade, que dans des modèles animaux de la maladie d’Alzheimer, dans laquelle l’inflammation est un facteur-clé.

Mais il s’agit d’un traitement non invasif, qui ne fait pas appel aux ­médicaments – souvent mal tolérés chez les personnes âgées.

Il s’agit d’une stratégie de stimulation sensorielle, à la fois auditive et visuelle. Il faut d’abord savoir que chez les patients souffrant d’Alzheimer, les ondes gamma du cerveau sont altérées.

Ces ­ondes reflètent la synchronisation de ­l’activité de certains neurones, dans une bande de fréquence comprise entre 30 et 80 hertz. Elles semblent essentielles pour l’attention, la perception, la mémoire…

L’atelier autobiographique

Dans cette maladie c’est la mémoire à court terme qui est touchée en premier. Il est donc important de faire travailler tous les aspects de la mémoire pour limiter la progression de la maladie.

Cet atelier a pour but d’immortaliser l’histoire du patient : il va devoir écrire et réécrire son histoire. En plus de faire travailler la mémoire, les malades reprennent leur histoire pour se la réapproprier. Autre bénéfice : cela fait plaisir au patient d’entendre son histoire, savoir qu’on parle de lui, et lui permet de renforcer son sentiment d’existence.

La musicothérapie

La musique détend, apaise mais pas seulement : elle permettrait aussi de faire resurgir des souvenirs plus ou moins anciens.

Elle permettrait également de diminuer des symptômes dépressifs chez certains patients.

Les malades qui étaient musiciens savent parfois encore utiliser leurs instruments alors qu’ils ne communiquent plus avec leur entourage.

Si cette thérapie n’a pas été testée scientifiquement, de plus en plus d’EHPAD l’utilisent et constatent des améliorations chez les patients.

Toutes ces approches ont en commun un regard inconditionnellement positif sur la personne âgée, un regard qui va au-delà des pertes et des déficits.

Mais elles ont également en commun de favoriser chez le professionnel un travail réflexif sur ses pratiques, dans le sens où elles sont un éveil à la “méta-communication”.

La “méta-communication”, c’est comment chaque professionnel est capable de s’interroger et de se remettre en question sur son propre fonctionnement. C’est sortir de soi autant que possible pour laisser à l’autre la place qui lui revient !